Léa Ostorero
Établissement d'origine
Université de de Milan-Bicocca - IT
Laboratoire d'accueil
Institut des sciences de la terre d’Orléans (ISTO) - CNRS, BRGM, OSUC / Université d'Orléans - FR
Hôte scientifique
Joan Andújar Fernández
BIOGRAPHIE
Léo Ostorero a obtenu son doctorat à l'Institut de physique du globe de Paris/Université Paris Cité (France) en 2022. Elle a ensuite réalisé deux postdocs successifs à l'université de Milan-Bicocca (Italie ; 2023-2026) ; son poste actuel étant financé par le projet ERC MATRICs (Magmatic Triggering of Cenozoic Climate Changes). Son domaine d'expertise porte sur la pétrologie et la volcanologie, avec un intérêt particulier pour les processus magmatiques et les cycles des composés volatils volcaniques. Ses travaux portent sur les échelles de temps magmatiques pré-éruptives et les processus de dégazage. Elle associe pour cela la pétrologie expérimentale, l'analyse des inclusions vitreuses et la reconstitution du bilan en CO2 magmatique afin d'évaluer leurs impacts potentiels sur le changement climatique du Cénozoïque.
PROJET
CALUMET (impact climatique des éruptions de Linzizong et leurs magmas (Tibet))
Les volcans libèrent des gaz lors des éruptions et d’une activité magmatique prolongée. Parmi ces gaz, le CO2 est un gaz à effet de serre majeur, capable d’entraîner d’importantes variations des températures globales à l’échelle des temps géologiques. Pourtant, le lien entre les grands événements tectoniques et les émissions magmatiques de CO2 associées reste encore mal contraint.
En particulier, une controverse majeure concerne les mécanismes moteurs et les sources de CO2 à l’origine des grands événements climatiques du Cénozoïque, tels que l’Optimum Climatique de l’Éocène inférieur (EECO, 52–50 Ma), période durant laquelle les températures globales étaient de 9 à 12 °C plus élevées qu’aujourd’hui. Le volcanisme généralisé du Linzizong au début de l’Éocène, au sein de l’arc du Gangdese (sud du Tibet), pourrait avoir contribué de manière significative à l’EECO, mais aucune mesure directe des teneurs en CO2 pré-éruptives n’est actuellement disponible. L’objectif principal du projet CALUMET est de reconstituer les teneurs en CO2 de ces magmas afin de mieux comprendre les rétroactions entre magmatisme et climat. Pour cela, nous analyserons des inclusions vitreuses, des gouttelettes de magma piégées dans des cristaux, qui préservent la composition volatile du magma avant l’éruption. Le projet combinera des expériences à haute pression et haute température à l’ISTO pour homogénéiser les inclusions, des analyses des volatils par SIMS à Nancy, et des modélisations numériques pour évaluer l’impact climatique des émissions magmatiques de CO2.